Cathédrale
Cathédrale de Saint-Jacques-de-Compostelle
Santiago de Compostela · A Coruña · 0801
Photo: Fernando · CC BY-SA 4.0 · Wikimedia Commons ↗
La cathédrale de Saint-Jacques-de-Compostelle, en espagnol Catedral de Santiago de Compostela, située dans le centre historique de la ville de Saint-Jacques-de-Compostelle (Galice), est le but de l'un des plus grands pèlerinages de l'Europe médiévale. Le pèlerinage de Saint-Jacques-de-Compostelle et les chemins de Compostelle empruntés par les pèlerins ont été le facteur déterminant pour que la Galice et l'Espagne entrent dans les cercles culturels médiévaux. Elle est consacrée à l'apôtre Jacques de Zébédée, saint patron et protecteur de l'Espagne. Origines La première église construite au début du IXe siècle La première église construite en l’honneur de Santiago (saint Jacques) le fut par Alphonse II le Chaste (791–835) au début du IXe siècle. Alphonse III le Grand (866–910) la remplaça en 899 par une église préromane plus grande. Elle fut réduite en cendres lorsque les Berbères de Mohammed ibn-Abi Amir, dit Almanzor (938-1002) en espagnol, ou Al-Mansur (le victorieux) en arabe, chef de guerre du calife de Cordoue Hišām II al-Mu'ayyad (976-1009), saccagèrent la ville en 997. Il fait arracher les portes et les cloches, que des captifs chrétiens transportent jusqu'à Cordoue, où elles furent entreposées dans la Grande Mosquée. Ce fait marqua les esprits puisque lors de la prise de Cordoue en 1236 par Ferdinand III le Saint (1217-1230-1252), ce sont d’autres prisonniers, mais cette fois musulmans, qui transportèrent ces mêmes cloches et portes jusqu’à Tolède où elles furent entreposées dans la Cathédrale Santa María. C'est à Brioude que le pape Urbain II (1042-1088-1099), venant du Puy-en-Velay et se rendant à Clermont-Ferrand, signa, en décembre 1095, le décret transférant le siège de l’évêché d’Iria-Flavia (aujourd’hui Padrón) à Compostelle. La cathédrale actuelle est un édifice roman, construit en granite, dont les travaux ont débuté en 1075, avec l'évêque Pélaez, et grâce à l'élan donné par l'évêque Gelmírez, ainsi que le roi Raimond de Bourgogne (v. 1059-1107), époux de la reine Urraque Ire de Castille (1081-1109-1126), ils furent terminés en 1211. Elle fut consacrée la même année en présence du roi Alphonse IX de León (1166 ou 1171-roi 1188-mort en 1230). Selon le Codex Calixtinus, sont intervenus comme architectes, Bernard « le vieux » et Robert dans la première étape, et Esteban et Bernard « le jeune », dans la deuxième. C’est l’une des réalisations les plus représentatives du type de la grande église romane vouée au culte des reliques et des pèlerinages. Cet édifice constitue l’aboutissement des recherches poursuivies dans les sanctuaires français apparentés : Sainte-Foy de Conques, Saint-Martial de Limoges, Saint-Martin de Tours et Saint-Sernin de Toulouse. Elle a été beaucoup parée et enrichie entre les XVIe et XVIIIe siècles. La façade ouest de facture baroque churrigueresque fut construite entre 1738 et 1750 en intégrant les deux tours datant du Moyen Âge. Elle est précédée d’un escalier monumental daté de 1606. Les chapelles de la cathédrale forment un musée de peintures, de retables, de reliquaires, de sculptures accumulées au cours des siècles. Dans le Guide du Pèlerin, d’Aymeri Picaud Le Guide du Pèlerin de Saint-Jacques-de-Compostelle correspond au Ve livre du Codex Calixtinus ou Liber Sancti Jacobi. Écrit au XIIe siècle, date supposée 1170. Il donne des informations précises sur les maîtres d’œuvre qui intervinrent, au XIIe siècle, dans la construction de la cathédrale romane de Saint-Jacques-de-Compostelle : « Les maîtres lapicides qui entreprirent la construction de la basilique du bienheureux Jacques s'appelaient Bernard le Vieux - c'était un maître génial - et Robert avec l'aide d'autres lapicides au nombre de cinquante environ sous la direction de Don Segeredo, vicaire et maître du chapitre, et de l'abbé Gundesindo, sous le règne d'Alphonse, roi d'Hispanie et de Diego Ier, vaillant chevalier et homme généreux. » Il la décrivait ainsi : une basilique « à neuf nefs dans sa partie inférieure et six dans la partie haute » ; « soixante-trois fenêtres noyées de vitraux » ; « trois portails principaux et six petits ». Description générale La cathédrale a un plan de trois nefs, un vaste transept doté de collatéraux et de tribunes, un chevet à déambulatoire entouré d’une ceinture de chapelles rayonnantes. La nef centrale est couverte d’une voûte en berceau, ainsi que les latérales. Elle a eu neuf tours, deux pour chaque façade et trois à la croisée du transept. Le plan de la cathédrale romane s'inspire de ceux des grandes églises de pèlerinage de la route de Saint-Jacques-de-Compostelle, l'abbatiale Sainte-Foy de Conques et la basilique Saint-Sernin de Toulouse. Le plan roman a été transformé par des adjonctions renaissance et baroque. Le sanctuaire est d'une exubérance surprenante dans ce cadre roman. Le maître-autel que surmonte une statue de saint Jacques du XIIIe siècle, somptueusement parée, est dominé par un énorme dais sculpté. Les pèlerins peuvent aller baiser le manteau du saint par un escalier situé derrière l'autel. Sous le maître-autel une crypte, constituée par les soubassements de l'église du IXe siècle qui abritait le tombeau de l'apôtre, renferme les restes de saint Jacques et de ses disciples : saint Théodore et saint Athanase. Parmi les beautés de cette cathédrale, on remarque dans le déambulatoire, les belles grilles et la voûte de la chapelle de Mondragòn (1521) ainsi que, dans le croisillon sud, les portes Renaissance de la sacristie et du cloître. Les chapelles de la cathédrale forment un musée de peintures, de retables, de reliquaires, de sculptures accumulées au cours des siècles. Ses dimensions intérieures sont de 97 m x 67 m et d’une hauteur de 32 m. Chacune de ses façades forme avec ses places respectives de magnifiques ensembles urbains. Celle de l'Obradoiro, chef-d’œuvre de style baroque, a été effectuée par Fernando Casas y Novoa en 1740 ; celle de l'Acibecharía est aussi baroque, œuvre de Ferro Caaveiro et Fernández Sarela, modifiée par Ventura Rodriguez ; celle de las Praterías, œuvre de maître Mateo en 1103 ; et surtout, le Porche de la Gloire, sommet de la sculpture romane exécuté par maître Mateo en 1188, il est composé de trois arcs d'un demi-point, le central divisé par un trumeau, où on trouve l’image du maître. Dans les piédroits, les Apôtres et les prophètes maintiennent des conversations sacrées. Dans le tympan, le Sauveur entouré par les quatre Évangélistes. Au-dessus de la croisée du transept de la cathédrale s'élève une tour-lanterne du sommet de laquelle est accroché par des filins d’acier un encensoir en laiton (le Botafumeiro, en galicien). Haut de 1,60 m pesant 54 kg. En certaines occasions on l’agite, il peut alors atteindre la vitesse de 60 km/h. Il fut exécuté par l’orfèvre Losada en 1851. Description des façades Façade sur la place de l'Obradoiro Exemple type du baroque churrigueresque, effectué par Fernando de Casas y Novoa. Elle tient son nom du mot obradoiro, qui signifie « orfèvre » en galicien (de obra, « œuvre » et oiro, « or »). La façade fut nommée ainsi du fait de la finesse de son aspect filigrané, comparable au travail d'un orfèvre. En haut, dans le centre se trouve saint Jacques Apôtre. Un niveau plus bas, ses deux disciples, Athanase et Théodomir. Tous en vêtements de pèlerins. Au milieu, l'urne (représentation de la tombe trouvée) et une Étoile (représentation des lumières qu'aurait vu l'ermite Pelayo ou Paio) entre des anges et des nuages. Dans la tour de droite se trouve Marie Salomé, mère de saint Jacques. Dans la tour de gauche, son père Zébédée. À gauche, sur la balustrade on peut voir Sainte Suzanne et Saint Jean l’Évangéliste. À droite, sur la balustrade Sainte Barbare et Saint Jacques le Mineur. Le bâtiment à la droite de la cathédrale est le cloître. Celui de la gauche, est le Palais de Gelmírez ou Xelmirez, du XIIe siècle. De la place de l'Obradoiro, un escalier, dont les deux rampes encadrent la porte de la crypte romane, du XIIe siècle, conduit au parvis de la cathédrale. Une fois franchi le portail, l'espace compris entre le plan arrière de l'Obradoiro et le plan avant de ce qui était la façade romane, forme un narthex étroit. Le porche de la Gloire ou Pórtico da Gloria Le porche de la Gloire, construit entre 1168 et 1188 par maître Mateo, à la demande du roi Ferdinand II de León (1137-1157-1188), se trouve dans le narthex au-delà de la façade baroque. La statuaire de ce triple portail offre le spectacle des ressources d’un art varié dans son expression, ses détails, sa facture et sa polychromie. Le tympan central du porche de la Gloire : dans le centre on observe un Christ en majesté montrant les blessures de ses pieds et de ses mains, il expose sa souffrance comme un homme. L'entourant apparaissent les tétramorphes (représentation divine des quatre apôtres). Aux deux côtés du Christ, on observe aussi des Anges portant les instruments de la Passion. Ceux qui ont été les plus près du Christ, les clous, la couronne d'épines et la croix, ne sont pas directement touchés par les Anges puisqu'ils n’ont pas le pouvoir de les toucher. Les autres sont portés dans leurs mains comme la fiole où Pilate a lavé ses mains. Dans l’archivolte siègent les 24 vieillards de l’Apocalypse, qui affinent leurs instruments pour donner un concert à la gloire de Dieu. Sur les piédroits sont représentés les apôtres (chacun portant son élément : Saint Pierre, les clés…) et les prophètes tous étaient polychromes et avec leur nom dans un livre ou un parchemin. De droite à gauche sont représentés Moïse et les prophètes Isaïe, Daniel et Jérémie avec le même réalisme que les autres personnages du portique. On remarquera le sourire voilé du prophète Daniel annonçant de Reims. Ces piliers ne sont qu’un détail de l’ensemble solennel, remarquable par l’harmonie de ses proportions, sculpté dans un granite très dur. Ces statues préfigurent la sculpture gothique. Le trumeau du porche de la Gloire représente saint Jacques. Son visage reflète une sérénité extatique. L’inscription du parchemin qu’il tient, Misit me Dominus, le désigne comme l’envoyé du Seigneur. Son rôle de témoin de la Transfiguration explique que son effigie soit disposée sur un trumeau essentiellement décoré d’images se rapportant au Christ. Ainsi, la colonne en dessous de saint Jacques figure, dans un style délicat, la filiation terrestre de Jésus par un arbre de Jessé, tandis que le chapiteau surmontant ce support présente la Trinité suivant la très remarquable formule de la Paternitas : le Père tient le fils sur ces genoux, et la colombe de l’Esprit-Saint se pose sur sa tête. Sur le meneau, au-dessous de la statue assise de saint Jacques, est creusée l’empreinte des doigts d’une main. La tradition veut en effet que les pèlerins harassés posent la main là, ainsi que le prévoit l'itinéraire rituel pour arriver à la tombe de l'apôtre. Au pied du trumeau, maître Mateo se serait représenté par un buste. Les pèlerins plaçaient leurs mains dans les renforcements pratiqués de part et d’autre du buste du maître pour s’assurer une place au paradis. Derrière se trouve la statue du « saint aux bosses» qui aurait la vertu de donner mémoire et intelligence à quiconque viendrait s’y cogner la tête. Sous tout le porche de la gloire sont représentés des démons, donnant à signifier que le poids de la Gloire écrase le péché. Les linteaux du portique portent, gravé, le texte suivant : « L'année de l'incarnation du Seigneur de 1188, de l'ère 1226, le jour des calendes d'avril, furent mis en place les linteaux des portails principaux de l'église du bienheureux saint Jacques, par le maître Mateo, qui dirigea les travaux de ces portails, depuis leurs fondations... » Les portails latéraux sont consacrés aux Églises rivales celle des Juifs à gauche et celle des gentils ou païens à droite. Le tympan du portail de droite : la représentation du salut des âmes, il est divisé en trois parties, dans le centre sont représentés Saint Michel et le Christ et à chaque côté de d'eux l'Enfer (où sont représentés des démons de tout type) et le ciel où on représente des enfants (symbolisant les âmes sauvées). D'un côté est représenté le purgatoire. Le tympan du portail de gauche, où sont représentées des scènes de l'Ancien Testament. Façade nord ou d'Acibecharía Elle donne sur la place da Inmaculada ou da Acibecharía, ainsi nommée car il y était vendu des bijoux de jais, acibeche en galicien. Au XVIIe siècle fut démonté l'ancien portail roman, dit Francigena ou porte de France, par cette place arrivaient les pèlerins qui avaient suivi le Camino francés. Il fut construit par Bernard, trésorier de Saint-Jacques en 1122. On l’appelait aussi porte du Paradis, car c’est par elle qu’entraient les pèlerins. Devant cette porte coulait une fontaine où se purifiaient les pèlerins avant d'entrer. Du XVIIIe siècle : soulignée par le couronnement d’une statue de saint Jacques et à ses pieds, deux rois dans une position de prière, Alphonse III le Grand (866–910) et Ordoño II (914-924). Au centre, on voit la statue de la Foi. Façade est ou da Quintana La Place da Quintana ou dos Literarios, car c'est sur cette place que se vendait les « placards », des feuilles manuscrites, et à partir du XVIIe siècle imprimées, portant une image de saint Jacques bénissant des Jacquets, avec le texte d’une chanson de route, sous forme strophique, pour narrer les différentes étapes et péripéties de leur voyage. Il y a deux portes : La porte sainte ou porte du pardon La Porte Sainte est la plus proche des perrons, généralement fermée avec une grille. Elle était une des sept plus petites portes et a été consacrée à Saint Pelayo (dont le monastère est juste en face). La fonction qu’elle a actuellement débute au XVIIe siècle, quand on a accordé à la cathédrale le privilège du Jubilé. Par cette porte, on accède à une petite cour et, au fond, c'est la véritable Porte Sainte par laquelle on entre dans l'abside. Le privilège de l'Année Sainte date du XIIe siècle. E
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Données
Nature Église · Basílica menor
Style Arquitectura barroca · Arquitectura románica
Dédié à Santiago o Maior
Auteur Fernando de Casas Novoa
Fait partie de Camiño de Santiago francés na provincia da Coruña
Murs Pierre · Perpiaño
Hauteur 75 m
Longueur 100 m
Protection Ben de Interese Cultural · Parte dun sitio do Patrimonio da Humanidade
Réf. au catalogue RI-51-0000072
Altitude du point ≈ 265 m · Terrain Tiles
Ville la plus proche Santiago de Compostela, à 120 m
Chemin de Saint-Jacques Camiño Inglés, à 61 m
Habitants de la commune 100 842 (2025) · IGE
S'y rendre
Fauteuil roulant Oui
Adresse Praza do Obradoiro, Santiago de Compostela
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